sommaire
dernière mise
à jour:11/01/11
visiteurs depuis septembre 2002
L'oie de la Saint-Martin |
![]() |
||
![]() |
L'oie à l'instar de Visé | ||
Le 11 novembre, jour de la St Martin, c'est devenu une habitude, le souper de l'Oie de la Saint-Martin est servi à la salle de l'Alliance le local des Francs Arquebusiers de Visé, et ce, spécialité locale oblige:servie " à l'instar de Visé ", une sauce ail et crème dont vous trouverez la recette plus bas.
La tradition de l'oie de la Saint-Martin, reprise après la visite des Francs Arquebusiers à Tours, est bien lancée, et cette volaille étant en plus une spécialité locale, c'est l'occasion de mélanger tradition et dégustation.
On la trouve préparée dans plusieurs régions d'Europe, par exemple en Allemagne c'est la Martinganz , mais beaucoup en France, aussi en Suisse, en Pologne ou en Norvège
Bon appétit
L'oie de St
Martin a pour légende un carnage de ces volailles par trop
bavardes.
St Martin était pressenti par les habitants de Tours pour
devenir leur évêque.
N'étant pas intéressé par les honneurs et préférant la vie
hérémétique, il se cacha pour que les Tourangeaux ne
l'amènent pas à la ville.
Mais un troupeau d'oies le dénonça par les cris bien connus de
ces volatiles qui déjà dans la Rome antique avaient alerté la
population.
St Martin devint
donc évêque de la cité, et les oies, pour notre plus grand
plaisir, payèrent chèrement leur traitrise.
Il est devennu traditionnel dans beaucoup de régions de
déguster de l'oie le 11 novembre jour de la Saint-Martin
Cette tradition est remontée vers le nord au fur et a mesure des
différents exodes de population fuyant parfois certains régimes
Il faut dire aussi que c'est la bonne période pour tuer une oie
de l'année, c'est encore une jeune bête, tendre, et qui a pris
tout son volume sans être grasse.

A titre d'exemple, ayant gagné l'oie plusieurs fois lors de la traditionelle décapitation de l'oie à la fête de Devant-le-Pont, je peux vous dire qu'en juillet, si c'est une bête de l'année, elle n'est pas très grosse, et vous n'aurez pas beaucoup à manger, par contre à la Saint-Martin elle a bien engraissé.
Voir ici la fête à Devant-le-Pont
L'oie donne aussi lieu à des traditions populaires très anciennes où l'animal, préalablement tué bien sûr, est décapité; soit au sabre comme en Basse-Meuse ou à Harchies ou en Suisse, ou à la main à cheval comme dans le nord du pays ou en barque au Pays Basque.
Voir la page décapitation de l'oie
Quant à l'Oie "à l'Instar de
Visé",
vous en trouverez la recette, avec bien d'autres, ici
plus bas
Voilà pour
l'histoire s'il fallait vraiment en trouver une.
Bien entendu, on n'a pas attendu cette bataille avant de consommer de l'oie présente au menu depuis des siècles
Plus simplement, il faut voir la Meuse dans sa configuration non pas de grand fleuve actuel, mais de large rivière d'autrefois, pas très profonde, avec de très nombreuses îles par-ci par-là.
Les oies y vivent nombreuses, c'est leur habitat naturel et on se rend compte combien les troupeaux devaient être importants quand on voit leur nombre actuel alors que leur habitat est très restreint.
Imaginez leur taux de croissance lorsqu'elles avaient toute la place qu'elles voulaient, et surtout de la nouritture à profusion
Et quelle nourriture, une herbe bien grasse, gorgée de nutriments apportés par les alluvions et les eaux d'une Meuse qui n'était pas polluée.
C'est donc à l'époque une nourriture pas chère et facile à obtenir pour les habitants du coin, qui les élèvent facilement, comme dans tous les villages le long du fleuve
Cet élevage se fait particulièrement sur les îles au milieu du fleuve, ce qui perdurera jusqu'au début du 20e siècle, toutes ces îles disparurent avec la construction des barrages.
![]()
![]()
![]()
La dernière était l'Ile Quaden, de l'hôtel du même nom qui élevait ces volailles mises en première place du menu.
Elle fut noyée sous plusieurs mètres d'eau lors de la construction du barrage de Lixhe.
L'île se trouvait derrière l'ancien barrage de Visé qui lui même avait anéanti les petites îles en amont.
![]()
![]()
Quelques vues de la Meuse avant la construction du barrage de Lixhe
cliquez sur les images pour les agrandir
Mais pourquoi une sauce à l'ail ??
Deux hypothèses, l'une concernant la nourriture des volailles, l'autre les condiments de la région
C'est au Moyen Age qu'apparaît cette recette d'oie à l'ail, avec aussi l'utilisation du gingembre, épice à la mode à l'époque.
La région de Visé était marécageuse, là poussait l'herbe aux oies ou ansérine.
Cette herbe donnait une odeur d'ail.à la chair de l'oie
Cette herbe a disparu des îles aujourd'hui et a vraisemblablement été remplacée par l'ail ordinaire
La potentille ansérine (Argentine, Patte d'oie) , appelée aussi potentille des oies (Potentilla anserina), est une plante de la famille des Rosaceae et du genre Potentilla très commune dans toute l'Europe occidentale ainsi qu'en Amérique du nord, où elle est parfois appelée argentine
Plante des terrains en friche; c'est une plante vivace de 0,40 m qui vit au bord des routes, des chemins ou des fossés.
C'est une plante rampante, qui produit des stolons (tige aérienne qui donne une nouvelle plante en s'enracinant, comme les fraisiers) .
On la reconnaît notamment à ses longues feuilles pennées à nombreuses folioles dentées. Les fleurs sont jaunes et la plante peut mesurer près de 50 cm. Le fruit est un akène réniforme.
Son nom provient du latin anser qui signifie oie, en raison de la similitude des feuilles avec des pattes d'oie.
La potentille ansérine est astringente, efficace contre les maux de gorge en gargarisme et les diarrhées. Egalement en usage externe sur les hémorroïdes.
Ansérine. - Vulgairement appelée patte d'oie à cause de ses feuilles palmées, qui, en effet, ont une grande ressemblance avec une patte d'oie.
Plante annuelle de la famille de l'oseille et de l'arroche, cultivée soigneusement au Chili et au Pérou.
Il y a plusieurs sortes d'ansérines: l'ansérine Bon-Henri, encore appelée toute-bonne, épinard sauvage, est une grande plante potagère, qui croît dans les lieux incultes, le long des murs et des chemins; dans plusieurs pays on mange ses jeunes pousses comme des asperges, et ses feuilles en guise d'épinards; elle passe pour émolliente, résolutive et détersive.
L'ansérine polysperme, ainsi nommée à cause de la grande quantité de graines qu'elle produit; l'ansérine à balais, appelée vulgairement belvédère, et dont les tiges grêles, chargées de rameaux dressés, servent en Italie à faire des petits balais; l'ansérine botride, l'ansérine ambroisie, l'ansérine vermifuge, l'ansérine hybride, l'ansérine fétide, qui servent à des préparations pharmaceutiques; et, enfin, l'ansérine quinoa, qui est l'espèce la plus digne de toutes; elle abonde sur les plateaux élevés des Cordillères et est pour le Pérou un objet considérable de culture et de consommation: en potage, en gâteaux, hachée comme les épinards, associée à d'autres mets; cette ansérine est un aliment très sain et de facile digestion; fermentée avec le millet, on en obtient une espèce de bière très bonne et très rafraîchissante.
La volaille recherche la graine de la variété blanche, et le quinoa produit encore un fourrage vert excellent pour les vaches. Les essais faits en France et en Angleterre pour sa naturalisation ont parfaitement réussi. (Extrait du Grand dictionnaire de cuisine d'Alexandre Dumas)
Certains prétendent que les différentes invasions de nos régions seraient à l'origine de cette recette,rien ne vient étayer cette hypothèse.
L'ail, tel que nous le connaissons aujourd'hui sous la forme habituellement utilisée, vient du sud.
Visé était une ville marchande où se tenait un marché depuis le Moyen-Age et même avant, et où des produits de toutes sortes se retrouvaient.
C'est une région aussi où l'influence des romains a laissé des traces.
L'ail était connu depuis l'Antiquité, depuis plus de 5000 ans.
Les soldats du brave Jules l'auraient-ils emmené dans leurs bagages ?
Possible puisque l'ail faisait partie du barda que les légionnaires emportaient avec eux, il était connu comme fortifiant.
Ou faut-il chercher plus près de chez nous ?
Bon sang, mais c'est bien sûr ! comme disait le commissaire Bourrel
L'ail des bois, ou plutôt l'ail des ours, vous connaissez ?
Non ? Pourtant vous le côtoyez chaque fois que vous vous baladez dans le bois de Wixhou et il est présent sur tous les versants des coteaux de la Basse-Meuse où à certaines périodes il dégage un parfum caractéristique le long des chemins.
Ne vous y trompez pas, ce que vous prendrez bien souvent pour du muguet, c'est en fait de l'ail que vous reconnaitrez à sa petite inflorescence en bouquetC'est un ail très fin, consommé autrefois à la place de l'ail que nous connaissons maintenant, et qui dans certaines régions est tellement prisé aujourd'hui encore qu'il fait l'objet d'une protection.
Ainsi au Canada, pas question d'en couper comme on veut au milieu des bois.
Il a été très utilisé en Europe et en Asie.
C'est une plante de sous-bois frais et ombragés, à fleurs blanches de 20 à 50 cm de hauteur.
Lorsque son feuillage est légèrement froissé, il dégage une forte odeur très caractéristique d'ail.
C'est une plante sociale qui forme parfois de vastes colonies dans les sous-bois frais ou le long des ruisseaux.
Pas étonnant dès lors de le voir en bord de Meuse où il s'invite jusque dans les jardins où il se développe de manière tenace.
Les feuilles apparaissent en février-mars et les fleurs d'avril à juin.
La période de la récolte se termine avec les premières fleurs.
L'odeur et/ou le goût dégoûterait les herbivores de la manger.
Froissez une feuille, vous sentirez ce fumet d'ail à nul autre pareil, il pousse partout à l'état sauvage et donne un petit bulbe bien enraciné dans le sol.
Sur une tranche de pain avec de la charcuterie ou du fromage, c'est un vrai régal.
Question goût, c'est entre les oignons blancs et la ciboulette avec un fumet d'ail. Je l'ai mélangé à du fromage, de la charcuterie ou de la salade, à m'en faite pêter...
Il y a un petit oignon blanc qui est extra aussi, toute la plante est consommable sans modération.
Vous pouvez le cuire, c'est excellent mais ça réduit autant que des épinards donc en prévoir une manne pour en avoir une marmite.
Dans la région de Visé pour le cueillir, allez simplement vers les Etangs de la Julienne où il pousse à profusion tout le long de la route et dans les sous-bois où je le dégustais "nature"
Vers le mois de mars-avril quand il est jeune il est excellent.
Recettes:
On utilise surtout ses feuilles et sa fleur, agrémentant les salades, en mélange avec du fromage,
ou pour parfumer un gigot d'agneau ... ou de l'oie.
On peut manger son bulbe et ses feuilles comme légume ou condiment
Il est excellent cru dans les salades.
Ses feuilles se préparent sous forme de pesto, soupe ou comme épice dans des salades, des tisanes.
On peut le cuire comme des épinards, le consommer sur des tartines avec du fromage blanc, ou encore dans du yaourt nature.
On en fait enfin un beurre assaisonné pour les grillades
Les recettes ne manquent pas.
Attention toutefois de ne pas le confondre avec le muguet ou la colchique d'automne tous deux toxiques,
mais pas de panique, en froissant la feuille, pas de doute possible
Ne
cherchons donc pas midi à quatorze heures à l'heure du dîner,
nos ancêtres ont largement profité d'un condiment qui poussait
jusqu'à la limite de leur jardin et que les oies elles mêmes
devaient déguster dans leurs paturages,
et ainsi est certainement née l'oie "à l'instar de
Visé"
Notons que certains petits comiques inscrivent à leur menu " oie à l'instar", comme si l'instar c'était une sauce...
Alors pour les obtus, "à l'instar" ça veut dire "à la mode de" ou "à la façon de"
Il n'a pas que des propriéts gustatives, car l'ail des ours est aussi une plante médicinale très ancienne connue des Celtes et des Germains.
On en a retrouvé des restes dans des habitations du Néolithique.
Depuis quelques années, il a retrouvé une popularité chez les herboristes du fait de sa haute teneur en vitamine C et de ses propriétés amaigrissantes.
Je vais en ingurgiter des kilogs !!
Ses principes actifs;
il est très riche en une huile essentielle sulfurée et également en vitamine C et comme autres composants : sulfure de vinyle, sels, aldéhyde instable.
Il est dépuratif (nettoie l'organisme en profondeur, élimine les toxines ),
rubéfiant (produit des rougeurs sur la peau par apport sanguin qui diminue l'inflammation) ,
hypotenseur (diminue la pression artérielle caractéristique des bons mangeurs ),
antiseptique (bactéricide, d'ailleurs les docteurs au moment des épidémies de peste mettaient de l'ail dans leur masque),
anthelminthique (vermifuge) et hypolipémiant (abaisse le taux du mauvais cholestérol : LDL, et augmente le bon : HDL),
on ne lui connait aucune contre-indications
Donc à déguster sans modération
Donc voilà l'histoire à ma sauce et en détail puisque comme dit ma chère soeur, quand on me demande l'heure, j'explique comment on fabrique une horloge....
mais ce n'est pas fini et voici donc ce qu'il faut faire avant de passer à table.
L'oie de la Saint-Martin
se décline sous mille façons, quant à l'Oie à l'Instar de
Visé,
voici, avant bien d'autres, la recette des épicuriens de notre
amicale confrérie visétoise que vous retrouverez sur
http://www.confreriedeloie.be/
Dans les temps reculés, l'oie qu'on cuisait n'était pas nécessairement toute jeune, c'était une volaille qu'on mangeait toute l'année..
Dès lors, on la cuisait d'abord dans un pot-au-feu histoire de ramolir la chair
On ajoutait de l'ail à la recette ordinaire. On faisait fondre la graisse d'oie doucement pour obtenir une sauce abondante.
Le lendemain, on retirait l'oie du bouillon et on la désossait. On panait ensuite les morceaux et on les mettait à rissoler dans la graisse.
La sauce était constituée du bouillon dégraissé et aillé. On le laissait réduire après y avoir ajouté de la mie de pain.
Les riches y ajoutaient des jaunes d'oeufs et de la crème.
|
||
INGREDIENTS : |
|
INGREDIENTS
POUR LA CUISSON : 600 g. de carottes 400 g. d'oignons (dont 2 demis brûlés et cloutés) 50 g. de céleri vert 100 g. de céleri rave 3 gousses d'ail (non pelées) 1 bouquet garni composé de : 50 g. de queues de persil, 1 brin de thym, 1 feuille de laurier, 2 clous de girofle (pour les oignons brûlés) MOUILLEMENT et ASSAISONNEMENT : 6 l. de fond de volaille ou, à défaut, de l'eau 20 g. de sel 1 pincée de poivre en grains |
PREPARATION |
||
CUISSON DE L'OIE |
||
| Dépouiller l'oie de l'excédent
de graisse (faire fondre, passer, réserver) Mettre dans une grande marmite (haute) l'oie, le fond et l'assaisonnement Porter à ébullition Ecumer à fond plusieurs fois Ajouterles légumes et le bouquet garni |
||
| Attention, cuisson lente et régulière | ||
| Retirer l'oie après cuisson (2
heures environ) Passer le fond au chinois Réserver le fond (dégraisser si nécessaire) Découper l'oie, les cuisses en 2, entre le pilon et l'avant cuisse, chaque poitrine en deux; attention, ne pas enlever la peau de l'oie |
||
| Réaliser de préférence tout cela la veille | ||
| Sécher
avec du papier absorbant, les morceaux Assaisonner de sel et poivre (du moulin) tous les morceaux d'oie Battre les deux ufs un instant au fouet Passer uniquement les morceaux de cuisse dans les ufs et la mie de pain Réserveren attente sur une plaque ou une assiette |
||
| Remarque : ne pas mettre ensemble les morceaux de poitrine et les cuisses (les uns étant panés, les autres pas) | ||
Cuire les 2 gousses d'ail
épluchées dans le lait |
||
FINITION |
||
| Mettre 2 poêles sur feu vif
avec l'huile Déposer dans l'huile bien chaude les morceaux d'oie, toujours côté peau en premier lieu |
||
| Attention, utiliser une poêle pour les cuisses et une autre pour les ailes. | ||
| Colorer les morceaux de chaque
côté Jeter cette première huile de cuisson Remettre les poêles sur le feu Ajouter 1 cuillerée de beurre et 1 cuillerée de graisse d'oie Chauffer et arroser les morceaux Mettre les poêles au four (180°C, 2 min.) |
||
DRESSAGE |
||
| Rectifier une dernière fois
l'assaisonnement (passer la sauce, si nécessaire Verser une petite louche de sauce sur l'assiette très chaude Saupoudrer d'un peu de poudre de gingembre (très peu) Eponger si nécessaire les morceaux avec du papier absorbant Déposer un morceau de poitrine et de cuisse sur la sauce, toujours la peau vers le haut et, tout autour, la garniture |
||
| GARNITURE 1. Pommes de terre : pommes château ou tranches de cwènes di gade poêlées sans ôter la peau 2. Légumes : selon le goût; jeunes carottes, choux de Bruxelles ou navets au beurre |
||
Recette sélectionnée par La Confrérie de
l'Oie de Visé |
||
Voici quelques autres
recettes d'oie "à l'instar de Visé",
chacun ayant au départ de la recette de base, sa propre
adaptation avec des épices personnelles ou un mode de
préparation qui lui est propre
http://www.saveursdumonde.net/recettes/oie-a-l-instar-de-vise/
http://cuisine.notrefamille.com/recettes-cuisine/oie-a-l-instar-de-vise-_2955-r.html
http://www.cuisineaz.com/recettes/oie-a-l-instar-de-vise-42473.aspx
La graisse d'oie :
La cuisson dans la graisse d'oie est escellente car c'est une huile qui supporte une haute température, il est donc possible de bien dorer soit la volaille entière, soit les morceaux.
Ne laisser pas fumer votre graisse d'oie car dans ce cas c'est qu'elle est trop chaude et brûle, jetez la et prenez de la nouvelle.
Son goût particulier la recommande pour des pommes de terres sautées, des champignons, des lentilles ou toutes autres sortes de préparations.
Elle est surtout employée dans le sud-ouest de la France, région d'élevage de canards et d'oies grasses.
Les statistiques montrent bien que la maladie cardio vasculaire est moins dramatique dans cette région par rapport aux régions du nord où l'on utilise de la graisse de porc ou de boeuf
Alors?
La graisse d'oie est riche en acides gras insaturés. Sa composition est proche de celle de l'huile d'olive, une des bases du régime méditerranéen.
Valeur nutritionnelle:
Le taux de lipides est variable. La crème contient du cholestérol, de la vitamine A et des carotènes.
Pour 100 grammes
895 Kcal
Lipides: 99,6 g.
Eau: 0
Acides gras saturés: 27 g
Monoinsaturés: 57 %
Polyinsaturés: 10 %
Pourquoi ne pas cuisiner de temps en temps à la graisse d'oie ? Attention tourefois, c'est pas très light ... tout comme l'huile d'olive d'ailleurs
On retrouve ce sympathique volatile partout dans le monde
Oie de la Saint Martin aux Fruits Secs
Proportions pour 8 personnes Préparation : Peler, puis ciseler l'oignon, Présentation : Servir sur assiette chaude, l'oie coupée
en tranches d'environ 1 cm d'épaisseur, En accompagnement vous dégusterez, toujours avec modération bien sûr, un vieux Gewurztraminer " Sporen " ou un Pinot Gris dans la fleur de l'âge. |
FRICASSÉE D'OIE DE LA SAINT-MARTIN
|
La Suède est restée neutre pendant la
première guerre mondiale, elle n'a donc aucune raison de
célébrer l'armistice le 11 novembre.
A la place, on fête la Saint-Martin, qui est une journée
dédiée à l'oie, toute autre signification symbolique ayant
été progressivement abandonnée.
En réalité, cela correspond à la période où les oies sont
prêtes à être abattues, ce que l'on célèbre par un repas à
base d'oie (gås).
Cette tradition est particulièrement ancrée en Scanie (Skåne),
qui est la partie agricole de la Suède
Loie de la Saint-Martin en
Suède
par Po Tidholm
Cette journée est dédiée à loie, toutes les autres
significations étant à peu près tombées dans loubli.
Au début de novembre, les oies sont prêtes à être abattues et le 11 novembre, cest le moment du traditionnel dîner doie.
Farcie de pommes et de pruneaux,
loie est mise à rôtir à feu doux,
régulièrement arrosée de sa propre graisse. Pour couronner le tout, un véritable
festin doie sachève par un gâteau aux
pommes. Po Tidholm est journaliste indépendant
et critique au quotidien Dagens Nyheter. |
Oie de la
Saint-Martin en Suisse
Recette Betty Bossi
Journal Betty Bossi N° 10/1988 © Betty Bossi Editions SA www.bettybossi.ch
Farce: Rôtissage: Test
de cuisson: la volaille piquée à la partie la plus
charnue laisse échapper un jus parfaitement clair et non
plus rose. Suggestions: Pour accompagner: pommes étuvées ou rôties, chou rouge, choucroute, purée de pommes de terre ou châtaignes glacées. |
Oie rôtie au
chou rouge en Allemagne
Lîle de Saint-Martin et l'oie au chou
rouge Quel est le point commun entre
lîle de Saint-Martin et une oie au chou
rouge ? Toutes deux mettent à lhonneur Saint Martin :
|
|
OIE
FARCIE AUX FRUITS SECS
Temps préparation : 45 min Temps
cuisson : 150 min. Difficulté : Difficile
Préparation |
OIE ROTIE AUX PRUNEAUX
Temps préparation : 45 min. Temps cuisson
: 90 min. Difficulté : Facile
Farce PREPARATION DE LA RECETTE DE OIE ROTIE AUX PRUNEAUXaire
macérer les pruneaux dans l'armagnac pendant 1 heure. |
Dans la région de Tours
notre ami Antoine Selosse, directeur du centre Culturel Européen St Martin de Tours,
organise lui aussi sa fête de la Saint Martin dont vous retrouverez le commentaire ci-dessous avec une recette de l'oie de sa région Journal Le Jeudi,_12 novembre 2009 ou ici
|
Une recette qui vient de Pologne
Oie rôtie
dans la pomme
Mode de préparation: |
Oie à la flamande
|
Extrait du Grand dictionnaire de cuisine d'Alexandre Dumas
Oie.Les oies furent longtemps sacrées
à Rome, parce que, pendant que les chiens dormaient, une
oie, qui était restée éveillée, l'histoire ne dit pas
pourquoi, entendit le bruit que faisaient les Gaulois en
escaladant le Capitole. Elle réveilla ses amies, qui,
tout effarées, se mirent à crier si haut et si bien,
qu'à leur tour elles éveillèrent Manlius. C'était aussi le serment habituel en Angleterre, lorsque Jules César en fit la conquête. C'est un consul romain, nommé Metellus Scipion, qui inventa, selon Pline, l'art d'engraisser les oies et de rendre leur foie délicat. Le médecin Jules César Scaliger, célèbre érudit, a pour les oies une tendresse toute particulière: il les admire non seulement au physique, mais encore au moral. Nous ne pouvons mieux faire que de copier ce qu'il dit de l'oie: «L'oie, dit-il, est le plus bel emblème de la prudence; les oies baissent la tête pour passer sous un pont, si élevées que soient ses arches; elles sont pudiques et raisonnables à ce point, qu'elles se purgent elles-mêmes sans médecin lorsqu'elles sont malades. «Elles sont si prévoyantes que, lorsqu'elles passent sur le mont Taurus, qui est rempli d'aigles, elles ont soin, connaissant leur humeur bavarde, de prendre chacune une pierre dans leur bec, pour éviter, en se gênant ainsi, de former des sons qui les feraient découvrir de leurs ennemis.» Les oies sont susceptibles d'une certaine éducation. Le chimiste Mémery a vu une oie tournant une broche où rôtissait un dindon. Elle tenait l'extrémité de la broche par le bec, et son cou, en s'allongeant et en se rétrécissant, faisait l'effet d'un bras. De temps en temps seulement on avait soin de lui donner à boire. Oie
à la chipolata. Ayez un oison dont la graisse
soit bien blanche et la chair bien tendre, supprimez-en
les ailes, épluchez-le, flambez-le, refaites-lui les
pattes et coupez-lui les ongles, essuyez-les avec un
linge blanc, bridez votre oison, laissez-lui les pattes
en long, mettez-le à la broche; faites-le cuire vert, de
façon à ce que le jus en sorte en le piquant; citronnez
autour et servez. (Avec le canard, jamais de cresson.) |
L'oie, c'est aussi un symbole sacré dans beaucoup de civilisations, Gaulois, Grecs, Romains
Les
frères grimm en ont fait aussi un conte
La gardeuse d'oies à la fontaine
Les frères Jacob et Wilhelm Grimm
Un jour, il y a très longtemps, le fils d'un puissant comte, errant dans un endroit sauvage, y rencontra une vieille, très vieille femme en train de lier un énorme tas d'herbe fraîche.
-- Qu'allez-vous faire de toute cette herbe? qu'il lui demande.
-- L'apporter chez moi pour la donner à mes oies.
-- C'est bien trop lourd pour vous, laissez-moi vous aider.
-- Volontiers, dit la vieille qui, avec une force insoupçonnée dans ce corps chétif, arrima le tas d'herbe sur le dos du jeune homme et ajouta:
-- Prenez donc aussi mes paniers de pommes.
-- Est-ce loin? demanda le pauvre garçon, écrasé sous la charge.
-- Une heure de marche, pas plus... Allez! En route!
Le chemin grimpait durement, le soleil chauffait, les pierres roulaient sous les pieds, l'herbe pesait lourd comme du plomb, les pommes avaient le poids du bronze. ''Je n'en peux plus'', dit le jeune comte, s'arrêtant pour reprendre haleine.
-- Ah! Ah! fit la vieille avec un ricanement, jeune et fort comme tu es, ne peux-tu soulever ce que je transporte à tous les jours? Pourquoi s'arrêter? Personne ne viendra te secourir ici .'' Et, ricanant de plus belle, elle prit son élan et sauta debout sur le tas d'herbe. Le garçon chancela: petite et menue comme elle était, la vieille pesait plus lourd qu'un plein tonneau de vin.
''Assez, vieille sorcière!'' cria-t-il tout en cherchant à se débarrasser de son fardeau. Mais c'était impossible: les paniers demeuraient fixés à ses mains, l'herbe attachée à son dos et la sorcière par-dessus. ''Il n'y a pas de joie sans peine, dit celle-ci. Je te réserve une belle surprise, mais il faut d'abord avancer'', et, disant cela, elle lui fouettait les bras et les jambes à grands coups de chardon.
Quand, au sommet de la montagne, la cabane de la vieille femme apparut enfin, le comte était à rendu bout de forces. Ses genoux tremblaient et un brouillard s'étendait devant les yeux. Il remarqua pourtant, au milieu d'un troupeau, une horrible gardienne d'oies, vieille et édentée, qui, sans se soucier de lui, s'élança vers la sorcière, disant:
-- Comme vous revenez tard, mère, que vous est-il arrivé?
-- Rien de fâcheux, au contraire, mon enfant; cet aimable jeune homme m'a offert de m'aider, et, en sa compagnie, le temps a passé très vite. Ce fut seulement après avoir longuement plaisanté sur les joies de cette promenade que la vieille, enfin, sauta à terre et délivra son porteur. Celui-ci s'écroula, plus qu'il ne s'assit, sur un banc, et il s'endormit aussitôt, anéanti de fatigue
Une main brutale l'arracha à son sommeil quelques instants plus tard. ''Voici ta récompense, lui dit la vieille, si tu en fais bon usage, elle t'apportera du bonheur.''
Le comte regarda ce qui lui était offert: c'était un coffret d'émeraude contenant une unique mais très grosse perle. Il remercia la vieille et partit aussitôt. Sa fatigue s'était dissipée, mais il dut marcher pendant trois jours avant de pouvoir quitter la montagne et il se trouva alors aux abords d'une grande ville, inconnue de lui. Il demanda son chemin et on le conduisit au palais.
Le roi et la reine le reçurent si bien que, n'ayant rien d'autre à leur offrir, il prit le coffret d'émeraude, qu'il posa sur les genoux de la reine. Celle-ci l'ouvrit et aussitôt, devenant très pâle, elle s'évanouit.
Tandis qu'on ranimait la reine, le roi s'empara du coffret, regarda ce qu'il contenait et demanda: ''Comment avez-vous eu cette perle? Je donnerais tout au monde pour retrouver celle qui l'a perdue.
-- Je ne sais pas qui l'a perdue, dit le comte, mais celle qui me l'a donnée ne mérite certes pas tant d'empressement.'' Puis il raconta ce qu'il savait de la sorcière.
Le roi l'écouta avec attention et le supplia de le conduire aussitôt auprès d'elle. Quant à la reine, à peine revenue de son évanouissement, elle insista tellement pour se joindre à eux, que tous trois se mirent aussitôt en route.
A la nuit tombante ils s'égarèrent et le comte se retrouva seul, dans une vallée sauvage où il décida de passer la nuit dans les branches d'un gros orme, au-dessus d'un puits abandonné. Il allait s'endormir lorsque, à la lueur de la lune, il aperçut une forme humaine descendant la vallée: c'était la gardienne d'oies. Elle s'approcha du puits, ôta les nattes grises qui couvraient ses cheveux et le masque de peau qui cachait son visage, puis, se penchant sur l'eau, elle mouilla ses mains, ses bras et sa figure. Alors elle apparut, belle comme le jour, avec son teint de lis, ses yeux clairs et le manteau d'or de ses cheveux la couvrant tout entière.
Si grande était la stupéfaction du comte qu'il ne pouvait en croire ses yeux et, écartant les feuilles, il se pencha pour mieux voir. Mais son geste fit craquer une branche et, prompte comme une biche effarouchée, la jeune fille remit son masque et disparut à travers les buissons, tandis qu'un nuage venait voiler la lune et couvrir sa retraite.
Le comte descendit de l'arbre et s'élança à la poursuite de la si belle inconnue. Il ne put la rejoindre, mais sa course le conduisit auprès de l'endroit où s'étaient arrêtés le roi et la reine et, les éveillant, il leur raconta ce qu'il venait de voir. A son récit, l'émotion de la reine s'accrut encore. Incapable d'attendre que le jour se lève, elle décida le roi à reprendre aussitôt leurs recherches, et tous trois marchèrent longtemps à la clarté des étoiles. Arrivés enfin, au sommet de la montagne, ils aperçurent une lumière. La sorcière veillait encore, guettant les arrivants, et au premier coup qu'ils frappèrent, la porte s'ouvrit.
-- Que désirez-vous? dit la vieille, hargneuse.
-- Madame, lui dit la reine, d'où tenez-vous cette perle?
-- C'est une larme que pleurait une pauvre fille, chassée par ses parents.
-- Ma fille aussi pleurait des perles, dit la reine.
-- Et moi, je l'ai chassée, dit le roi.
-- Si ma fille est encore en vie et si vous savez où elle est, s'écria la reine, dites-le-moi, par pitié.
Mais la sorcière refusa de répondre et lui demanda quel crime avait pu commettre son enfant pour qu'elle soit chassée.
''J'avais trois filles, commença la reine, que j'aimais tendrement, mais la plus jeune était ma préférée.''
-- Elle était la mienne aussi, reprit le roi, mais un jour, j'ai voulu savoir à quel point mes filles m'aimaient. L'aînée, qui est coquette, m'a répondu qu'elle m'aimait plus que sa plus belle robe. La seconde, qui est coquette aussi, m'a dit qu'elle me préférait à ses plus beaux bijoux. La troisième m'a répondu: ''Je vous aime comme j'aime le sel.'' Alors je l'ai chassée et j'ai partagé mon royaume entre les deux autres.
-- Ah! Ah! Ah! s'écria la sorcière. Les aliments sans sel n'ont pas de goût. Votre fille voulait dire que, sans vous, la vie n'aurait plus de saveur, et vous l'avez chassée. Ah! Ah! Ah!
-- Hélas! dit la reine. Nous l'avons compris trop tard! Nous avons fait en vain fouiller la forêt et la montagne. Sans doute les bêtes sauvages ont dévoré notre pauvre fille.
-- Sans doute, dit la sorcière et, se levant, elle ouvrit une porte et appela: ''Viens, ma fille.''
Ce ne fut pas la gardienne d'oies qui entra, ou plutôt ce fut elle, sous la forme de la magnifique princesse que le comte avait aperçue au bord du puits. Elle se jeta en pleurant de joie dans les bras de ses parents, et ses larmes étaient des perles. Sans mot dire, le comte observait la scène, puis, détachant avec effort son regard de la belle princesse, il voulut implorer la pitié de la sorcière... Mais il ne reconnut plus celle-ci.
Un sourire de joie la transfigurait et il comprit que cette vieille femme si odieuse n'était pas une sorcière, mais plutôt une bonne fée déguisée.
''Puisque vous avez déshérité votre enfant, dit-elle intervenant alors, et puisque, depuis trois ans, je la considère comme ma fille, avant de vous la rendre laissez-moi la doter. Pour fortune, je lui donne ce monceau de perles, qui sont toutes les larmes qu'elle a versé sur vous. Pour demeure, je lui offre cette chaumière où elle a vécu loin de tout danger, sans autre chagrin que votre absence, et pour époux je lui suggère de prendre ce jeune comte dont le coeur est bon, puisqu'il a tour à tour secouru une vieille femme ployant sous sa charge et aussi des parents accablés par le chagrin.''
A peine avait-elle achevé sa phrase que la chaumière se mit à craquer de toutes parts: un splendide palais la remplaça, et le jour levant éclaira la montagne, brusquement devenue fertile et peuplée. Nul ne revit la bonne fée, mais la fille du roi et le fils du comte vécurent longtemps, heureux et puissants dans le lieu même où, autrefois, il avait été si difficile de nourrir un troupeau d'oies.
FIN

La gardeuse d'oies
Jacob et Wilhelm Grimm
Il était une fois une vieille reine dont le mari était mort
depuis de longues années. Elle avait une jolie fille, qui, en
grandissant, fut promise au fils d'un roi. Quand vint le temps du
mariage, et qu'elle devait partir pour ce royaume étranger, la
vieille reine lui prépara des objets précieux, des parures, de
l'or et de l'argent, des gobelets, des bijoux, bref, tout ce qui
sied à une dot princière, car elle aimait son enfant de tout
son cur.
Elle lui donna aussi une camériste qui devait voyager avec elle et la conduire à son fiancé. Chacune reçu un cheval pour le voyage. Celui de la princesse se nommait Falada. Et il savait parler. Lorsque vint le temps des adieux, la mère se rendit dans la chambre de sa fille, et, prenant un petit couteau, se coupa au doigt de façon à tirer un peu de sang. Elle prit un petit mouchoir blanc, y laissa tomber trois gouttes de sang, et donna le mouchoir à sa fille en lui disant :
- Chère enfant, garde-le précieusement, il te sera bien utile en cours de route.
Elles prirent tristement congé l'une de l'autre. La jeune fille glissa le mouchoir dans son corsage, monta en selle et partit pour rejoindre son fiancé.
Après avoir chevauché pendant une heure, elle eut une grand soif et dit à sa camériste :
- Descends de cheval, va à ce ruisseau et remplis le gobelet que tu as apporté pour moi. J'ai envie de boire.
- Si vous avez soif, répondit la camériste, descendez vous-même de cheval, penchez-vous au-dessus de l'eau et buvez. Je nai pas envie dêtre votre servante.
La princesse, qui avait grand soif, descendit de cheval, se pencha sur le ruisseau et but. Mais elle ne put pas boire dans le gobelet dor.
- Ah! mon Dieu, dit-elle.
Alors, les trois gouttes de sang répondirent:
Il est mieux que ta mère
Ne sache pas tout cela
Car son cur à coup sûr
Volerait en éclats.
Mais la fille du roi était courageuse, ne dit rien et remonta à cheval. Elles chevauchèrent encore quelques lieues. Mais la journée était chaude, le soleil tapait fort. Bientôt, elle eut à nouveau soif. Arrivant près d'un cours deau, elle dit à sa camériste :
- Descends de cheval et donne-moi à boire dans mon gobelet d'or.
Elle avait déjà oublié les méchantes paroles de la camériste depuis longtemps. Mais celle-ci lui répondit avec plus de morgue encore :
- Si vous avez soif, buvez toute seule, Je nai point de goût à être votre servante!
La princesse avait soif. Alors, elle descendit de cheval, se pencha pour boire et dit en pleurant :
- Ah! Mon Dieu!
Et les trois gouttes de sang dirent à nouveau :
Il est mieux que ta mère
Ne sache pas tout cela
Car son cur à coup sûr
Volerait en éclats.
Comme elle buvait, le petit mouchoir avec les trois gouttes de sang glissa hors de son corsage et partit au fil de leau. Elle ne s'en aperçut, tant elle avait peur. Mais la camériste, elle, avait tout vu et se réjouissait d'avoir à présent la fiancée à sa merci: car en perdant les gouttes de sang, elle était devenue faible et sans défense.
Comme elle voulait remonter sur son cheval qui sappelait Falada, la camériste lui dit :
- Falada est pour moi à présent, toi, tu auras ma vieille carne!
Bon gré mal gré, il fallut bien qu'elle se soumît. Ensuite, la camériste lui ordonna sèchement denlever ses habits royaux et de revêtir ses guenilles de servante. Et lui fit aussi jurer devant Dieu qu'elle ne dirait rien à âme qui vive à la cour du roi. Neût-elle pas consenti, quelle eût été assassinée sur-le-champ. Mais Falada avait tout vu et tout retenu.
La camériste monta donc Falada, la princesse monta la mauvaise carne et elles poursuivirent ainsi jusqu'au château du roi. On sy réjouit grandement de leur arrivée. Le fils du roi vint à leur rencontre, et aida la camériste à descendre de cheval, pensant qu'elle était sa promise. On la conduisit en haut des escaliers, tandis que la vraie princesse devait rester en bas. A ce moment, le vieux roi, qui regardait par la fenêtre, la vit dans la cour et remarqua combien elle était belle et délicate. Il se rendit aussitôt dans l'appartement royal et demanda à la fausse fiancée qui était cette jeune fille arrivée avec elle et qui se tenait présentement dans la cour.
- Je l'ai rencontrée en chemin et je l'ai emmenée avec moi pour avoir de la compagnie. Donnez, je vous prie, du travail à cette servante, qu'elle ne reste pas oisive.
Mais le vieux roi n'avait pas de travail pour elle et ignorant tout lui répondit:
- J'ai là un jeune garçon qui garde les oies, elle n'aura qu'à l'aider.
Ce garçon se nommait Conrad et la vraie fiancée dut l'aider à garder les oies.
Peu de temps après, la fausse fiancée dit au jeune roi :
- Cher époux, je vous prie, faites-moi une grâce.
- Je la ferai volontiers , répondit-il.
- Faites venir l'équarrisseur pour qu'il coupe la tête du cheval sur lequel je suis arrivée car pendant le voyage, il m'a mise en colère.
De fait, elle craignait que le cheval ne racontât son inconduite avec la fille du roi.
La véritable fiancée lapprit et quand le moment vint où le fidèle Falada devait mourir, elle promit à l'équarrisseur une pièce d'argent en échange dun petit service. Il y avait dans la ville une grande porte, très sombre, qu'elle passait chaque matin et chaque soir avec ses oies. Elle le pria d'y accrocher la tête de Falada afin qu'elle puisse le voir toujours. Le valet de équarrisseur promit de le faire. Et en effet, il prit la tête et la cloua solidement au-dessus de la porte.
Le lendemain, à laube, comme elle passait la sombre porte avec Conrad, elle dit à la tête :
Ô toi, mon Falada, qui es accroché là !
Alors la tête répondit :
Ô princesse, ma, princesse,
Qui passe chaque jour par là
Il est mieux que ta mère
Ne sache pas tout cela
Car son cur à coup sûr
Volerait en éclats.
Elle sortit de la ville sans en dire davantage et conduisit ses oies au pré. Quand elle fut arrivée, elle s'assit par terre et défit ses cheveux qui étaient comme de l'or. Conrad la regardait et était heureux. Comme il voulut en prendre un elle dit :
Souffle, souffle vent léger,
Le bonnet de Conrad
Presse-toi demporter!
Souffle, souffle vent léger
Et quil revienne vers moi
Quand je serai recoiffée!
Et soudain un vent si fort se leva quil emporta le bonnet de Conrad. Il courut à sa poursuite travers la campagne et quand il revint, comme elle avait fini de se recoiffer il ne put plus lui voler un cheveu. Il en fut bien fâché et ne lui parla plus. Ainsi, ils gardèrent les oies jusqu'au soir, puis rentèrent au château.
Le lendemain matin, alors quils passaient sous la sombre porte, la jeune fille dit :
Ô! toi, mon Falada, qui es accroché là
Et Falada répondit :
Ô princesse, ma, princesse,
Qui passe chaque jour par là
Il est mieux que ta mère
Ne sache pas tout cela
Car son cur à coup sûr
Volerait en éclats.
Arrivée au pré, elle s'assit de nouveau par terre et commença à défaire ses cheveux. Conrad courut vers elle pour en attraper un. Alors prestement elle dit :
Souffle, souffle vent léger,
Le bonnet de Conrad
Presse-toi demporter!
Souffle, souffle vent léger
Et quil revienne vers moi
Quand je serai recoiffée!
Le vent emporta le chapeau de Conrad et quand il revint enfin, elle avait déjà arrangé sa coiffure. Il ne put attraper un seul cheveu. Ainsi, ils gardèrent les oies jusqu'au soir.
Mais, ce soir-là après avoir regagné le château, Conrad alla voir le vieux roi et lui dit :
- Je ne veux plus garder les oies avec cette fille.
- Et pourquoi cela? , demanda le vieux roi.
- Ah! elle mennuie toute la journée.
Le vieux roi lui ordonna de raconter tout ce qui sétait passé.
Conrad obéit :
- Le matin, quand nous passons la sombre porte avec le troupeau il y a une tête de cheval accrochée au mur. Elle lui parle, et lui dit :
- Ô toi, mon Falada, qui es accroché là !
Et la tête répond :
- Ô princesse, ma, princesse, qui passe chaque jour par là, il est mieux que ta mère ne sache pas tout cela! Car son cur à coup sûr volerait en éclats!
Conrad raconta aussi ce qui se passait ensuite dans le pré aux oies et comment il était obligé chaque jour de courir après son bonnet.
Le vieux roi lui ordonna de retourner garder les oies le lendemain. Au matin, il se cacha derrière la sombre porte et entendit comment la jeune fille parlait à la tête de Falada. Il alla ensuite dans les prés et se dissimula derrière un buisson. Il vit la gardeuse et le gardien d'oies amener le troupeau et bientôt, la jeune fille s'asseoir et défaire ses cheveux qui brillaient comme lor. Là, elle dit à nouveau :
Souffle, souffle vent léger,
Le bonnet de Conrad
Presse-toi demporter!
Souffle, souffle vent léger
Et quil revienne vers moi
Quand je serai recoiffée!
Le vent se leva et Conrad dut courir derrière son bonnet pendant que la servante se recoiffait. Le vieux roi observa tout. Il rentra sans qu'on laperçût et, quand la gardeuse doie fut revenue le soir, il la fit appeler et lui demanda pourquoi elle agissait ainsi.
- Je ne peux pas vous le dire, répondit-elle, tout comme je ne peux dire mon malheur à personne au monde, car je l'ai juré devant Dieu pour éviter dêtre tuée.
Le roi voulut lobliger à parler et ne la laissa pas en repos, mais il ne put rien tirer delle.
Alors il dit :
- Si tu ne veux rien me dire, va donc raconter tes malheurs au poêle.
Et il s'en alla.
La vraie fiancée se traîna jusquau poêle, pleura, et, vidant son cur, dit :
- Me voici, abandonnée du monde entier, quoique fille de roi. Une méchante camériste m'a forcée à lui donner mes habits royaux. Elle a pris ma place auprès de mon fiancé et ma contrainte à servir comme gardeuse d'oies. Si ma mère savait tout cela, son cur, à coup sûr, volerait en éclats.
Cependant, le vieux roi qui se tenait dehors près de la cheminée entendit tout. Il revint et lappela.
Il ordonna quon lui rapportât ses vêtements royaux, elle les mit et soudain, cétait miracle tant elle était belle. Alors, le vieux roi fit appeler son fils et lui expliqua qu'il avait épousé une fausse fiancée, qui nétait en réalité quune camériste et quenfin la véritable fiancée était la gardeuse doies. Le jeune roi en fut rempli de joie en la voyant si belle et si courageuse.
On prépara un grand repas auquel tous furent priés. Le fiancé était assis en bout de table, avec dun côté la fille du roi et de lautre la camériste. Mais celle-ci, éblouie par les bijoux de la princesse ne la reconnut point. Quand ils eurent mangé et bu et que tout le monde fut de bonne humeur, le vieux roi proposa une devinette à la camériste :
- Que peut valoir une servante qui aurait trompé tout son monde ?
Il raconta toute l'histoire et demanda:
- Quelle peine aurait-t-elle mérité ?
La fausse fiancée répondit :
- Elle ne vaut pas mieux que d'être placée, toute nue, dans un tonneau couvert de clous pointus à l'intérieur, auquel on attèlera deux chevaux blancs qui la tireront de ruelles en ruelles jusqu'à ce qu'elle passe.
- Cette servante, c'est toi!, dit le vieux roi, et tu as prononcé ta propre sentence: tu seras traitée ainsi!
Quand la peine eut été exécutée, le jeune roi épousa sa véritable fiancée et tous deux régnèrent dans la paix et la félicité.
L'oie d'or
Les frères Grimm - KHM 064
L'oie
d'or
Conte de Grimm
Il était une fois un homme qui avait trois fils. Le plus jeune avait été surnommé le Bêta et était la risée de tout le monde. Ses frères le prenaient de haut et se moquaient de lui à chaque occasion. Un jour, le fils aîné s'apprêta à aller dans la forêt pour abattre des arbres. Avant qu'il ne parte, sa mère lui prépara une délicieuse galette aux oeufs et ajouta une bouteille de vin pour qu'il ne souffre ni de faim ni de soif. Lorsqu'il arriva dans la forêt, il y rencontra un vieux gnome gris. Celui-ci le salua, lui souhaita une bonne journée et dit :
- Donne-moi un morceau de gâteau et donne-moi à boire de ton vin.
Mais le fils, qui était malin, lui répondit :
- Si je te donne de mon gâteau et te laisse boire de mon vin, il ne me restera plus rien. Passe ton chemin.
Il laissa le bonhomme là où il était, et il s'en alla. Il choisit un arbre et commença à couper ses branches, mais très vite il s'entailla le bras avec la hache. Il se dépêcha de rentrer à la maison pour se faire soigner. Ce qui était arrivé n'était pas le fait du hasard, c'était l'uvre du petit homme.
Un autre jour, le deuxième fils partit dans la forêt. Lui aussi avait reçu de sa mère une galette et une bouteille de vin. Lui aussi rencontra le petit homme gris qui lui demanda un morceau de gâteau et une gorgée de vin. Mais le deuxième fils répondit d'une manière aussi désinvolte que son frère aîné :
- Si je t'en donne, j'en aurai moins. Passe ton chemin.
Il planta le petit homme là et s'en alla. La punition ne se fit pas attendre. Il brandit sa hache trois ou quatre fois et son tranchant le blessa à la jambe.
Peu de temps après, le Bêta dit :
- Papa, laisse-moi aller dans la forêt. Moi aussi je voudrais abattre des arbres.
- Pas question, répondit le père. Maladroit comme tu es, tu n'iras nulle part.
Mais le Bêta insista et son père finit par céder :
- Vas-y, mais s'il t'arrive quelque chose, tu recevras une belle correction.
Sa mère lui donna une galette faite d'une pâte préparée à l'eau et cuite dans les cendres et une bouteille de bière aigre. Le Bêta arriva dans la forêt et y rencontra le gnome vieux et gris, qui le salua et dit :
- Donne-moi un morceau de ton gâteau et laisse-moi boire de ton vin. J'ai faim et soif.
- Je n'ai qu'une galette sèche et de la bière aigre, répondit le Bêta, mais si cela te suffit, asseyons-nous et mangeons.
Ils s'assirent et le Bêta sortit sa galette qui soudain se transforma en un somptueux gâteau et trouva du bon vin à la place de la bière aigre. Ils mangèrent et burent, puis le vieux bonhomme dit :
- Tu as bon cur et tu aimes partager avec les autres, c'est pourquoi je vais te faire un cadeau. Regarde le vieil arbre, là-bas. Si tu l'abats, tu trouveras quelque chose dans ses racines.
Le gnome le salua et disparut.
Le Bêta s'approcha de l'arbre et l'abattit. L'arbre tomba et le Bêta aperçut entre ses racines une oie aux plumes d'or. Il la sortit, la prit et alla dans une auberge pour y passer la nuit.
L'aubergiste avait trois filles. Celles-ci, en apercevant l'oie, furent intriguées par cet oiseau étrange. Elles auraient bien voulu avoir une des plumes d'or. « Je trouverai bien une occasion de lui en arracher une », pensa la fille aînée. Et lorsque le Bêta sortit, elle attrapa l'oie par une aile. Mais sa main resta collée à l'aile et il lui fut impossible de la détacher. La deuxième fille arriva, car elle aussi voulait avoir une plume d'or, mais dès qu'elle eut touché sa sur, elle resta collée à elle. La troisième fille arriva avec la même idée en tête.
- Ne viens pas ici, que Dieu t'en garde ! Arrête-toi ! crièrent ses surs.
Mais la benjamine ne comprenait pas pourquoi elle ne devrait pas approcher, et elle se dit : « Si elles ont pu s'en approcher, pourquoi je ne pourrais pas en faire autant ? » Elle s'avança, et dès qu'elle eut touché sa sur, elle resta collée à elle. Toutes les trois furent donc obligées de passer la nuit en compagnie de l'oie.
Le lendemain matin, le Bêta prit son oie dans les bras et s'en alla, sans se soucier des trois filles qui y étaient collées. Elles furent bien obligées de courir derrière lui, de gauche à droite, et de droite à gauche, partout où il lui plaisait d'aller. Ils rencontrèrent un curé dans les champs qui, voyant ce défilé étrange, se mit à crier :
- Vous n'avez pas honte, impudentes, de courir ainsi derrière un garçon dans les champs ? Croyez-vous que c'est convenable ?
Et il attrapa la benjamine par la main voulant la séparer des autres, mais dès qu'il la toucha il se colla à son tour et fut obligé de galoper derrière les autres.
Peu de temps après, ils rencontrèrent le sacristain. Celui-ci fut surpris de voir le curé courir derrière les filles, et cria :
- Dites donc, monsieur le curé, où courez-vous ainsi ? Nous avons encore un baptême aujourd'hui, ne l'oubliez pas !
Il s'approcha de lui et le prit par la manche et il ne put plus se détacher.
Tous les cinq couraient ainsi, les uns derrière les autres, lorsqu'ils rencontrèrent deux paysans avec des bêches qui rentraient des champs. Le curé les appela au secours, leur demandant de les détacher, lui et le sacristain. Mais à peine eurent-ils touché le sacristain que les deux paysans furent collés à leur tour. Ils étaient maintenant sept à courir derrière le Bêta avec son oie dans les bras.
Ils arrivèrent dans une ville où régnait un roi qui avait une fille si triste que personne n'avait jamais réussi à lui arracher un sourire. Le roi proclama donc qu'il donnerait sa fille à celui qui réussirait à la faire rire. Le Bêta l'apprit et aussitôt il se dirigea au palais, avec son oie et toute sa suite. Dès que la princesse aperçut ce défilé étrange, les uns courant derrière les autres, elle se mit à rire très fort.
Le Bêta réclama aussitôt le mariage, mais le roi n'avait pas envie d'un tel gendre. Il tergiversait et faisait des manières, pour déclarer finalement que le Bêta devait d'abord trouver un homme qui serait capable de boire une cave pleine de vin. Le Bêta pensa que le petit bonhomme gris serait certainement de bon conseil et consentirait peut-être à l'aider, et il partit dans la forêt. À l'endroit précis où se trouvait l'arbre abattu par le Bêta était assis un homme au visage triste. Le Bêta lui demanda ce qu'il avait.
- J'ai grand-soif, répondit l'homme, et je n'arrive pas à l'étancher. Je ne supporte pas l'eau. J'ai bu, il est vrai, un fût entier de vin, mais c'est comme si on faisait tomber une goutte sur une pierre chauffée à blanc.
- Je peux t'aider, dit le Bêta. Viens avec moi, tu verras, tu auras de quoi boire.
Il le conduisit dans la cave du roi. L'homme commença à boire le vin et il but et but jusqu'à en avoir mal au ventre. À la fin de la journée, il avait tout bu.
Le Bêta réclama de nouveau le mariage, mais le roi biaisait encore : un tel simplet, un tel dadais -comme d'ailleurs même son nom l'indiquait - pourrait-il devenir le gendre d'un roi ? Il inventa donc une nouvelle épreuve : le Bêta devrait d'abord lui amener un homme capable de manger une montagne de pain. Le Bêta n'hésita pas une seconde et partit dans la forêt. À l'endroit habituel était assis un homme, qui serrait sa ceinture avec un air très contrarié :
- J'ai mangé une charrette de pain, mais à quoi bon quand on a faim comme moi ? Mon estomac est toujours vide et je dois toujours serrer ma ceinture.
Le Bêta fut très heureux de l'apprendre et lui dit gaiement :
- Lève-toi et suis-moi ! Tu verras, tu mangeras à satiété.
Il emmena l'affamé dans la cour royale. Entre-temps, le roi fit apporter toute la farine du royaume et ordonna d'en faire une montagne de pain. L'homme de la forêt s'en approcha et se mit à manger. À la fin de la journée, il avait tout englouti. Et le Bêta, pour la troisième fois, demanda la main de la princesse. Mais le roi se déroba encore en demandant à son futur gendre de trouver un bateau qui saurait aussi bien se déplacer sur l'eau que sur la terre.
- Dès que tu me l'amèneras, le mariage aura lieu.
Le Bêta repartit dans la forêt et, là était assis le vieux gnome gris qui dit :
- J'ai bu pour toi, j'ai mangé pour toi. Et maintenant je vais te procurer ce bateau ; tout cela parce que tu as été charitable avec moi.
Marc Poelmans
29 rue des écoles
4600 Visé
0495/12.29.09
contact
dernière mise à jour:11/01/11
