Dans
l'ombre du Roi-Soleil
Ils sont passés par chez nous et l'histoire a retenu leurs faits
et gestes.
D'Artagnan à Visé, pendant le siège de Maestricht

D'ARTAGNAN
Un Gascon
illustre et mal connu
1610 - 1673
Ce n'est pas d'aujourd'hui que la Gascogne est
terre d'élection du geste généreux, élégant du défi parfois
téméraire que l'on résume d'un seul mot: le panache! Nos
stades de rugby et plus encore nos armées sont les lieux où la
race gasconne exprime encore de nos jours ces qualités cocardières
qui nous ont été léguées par une longue tradition et
d'illustres exemples.
Dès que sont jetés sur les tapis les mots: Gascogne et panache,
un mot surgit immédiatement dans tous les esprits, un mot qui
claque comme un oriflamme dans le vent, comme un défi à toute
mesquinerie: d'Artagnan!
S'il est un illustre Gascon qui a marqué sa place dans l'imagerie populaire, c'est bien ce mousquetaire dont les exploits sont passés de l'histoire à la légende à travers le prisme quelque peu déformant de la verve littéraire d'Alexandre Dumas. Car Les Trois Mousquetaires, Vingt Ans après, Le Vicomte de Bragelonne, c'est l'histoire très fortement romancée et donc en grande partie apocryphe.
Le piquant, en cette affaire, ce n'est pas l'apport imaginaire de Dumas à l'histoire de d'Artagnan, c'est bien plutôt que le romancier ait cherché à donner une dimension historique à son héros, en puisant sa documentation dans un ouvrage intitulé ,Mémoires de Monsieur d'Artagnan contenant quantité de choses particulières et secrètes qui se sont passées sous le règne de Louis le Grand,". Ces mémoires de monsieur d'Artagnan ont été écrits trente ans après la mort de leur héros par un publiciste nommé Courtils de Sandras que l'on a appelé un des primitifs du roman moderne. C'était un des pamphlétaires les plus redoutés de son époque. Ces mémoires semblent avoir eu en leur temps un véritable succès et ils furent pour Dumas la révélation d'une période féconde en épisodes romanesques.
La vérité
historique
Mais, plus près de nous, un Gascon de grande culture historique et d'une inattaquable probité intellectuelle a fait la critique de l'ouvrage de Courtils de Sandras. Cet historien scrupuleux, Charles Samaran, a fait d'étranges découvertes en se livrant à ce travail... Il a pu démontrer que bien des épisodes, et des plus fameux, complaisamment décrits dans les Mémoires et repris par Dumas ne résistaient pas à une investigation quelque peu rigoureuse. Alors? Que reste-il de notre d'Artagnan? Qui était-il exactement et quels furent ses hauts faits? S'affaisse-t-il comme une baudruche percée d'un trait acéré? Ou bien est-il vraiment un personnage "qui tient la route" et résiste au décapage de la vérité? Nous allons suivre la quête de Charles Samaran et partir avec lui des coteaux de Gascogne en compagnie du jeune Charles de Batz-Castelmore, dit d'Artagnan, lorsqu'il quitte la maison familiale pour aller chercher la fortune des armes à Paris.
Avec ce diable de Gascon, les choses ne sont cependant jamais simples: l'histoire le fait dès l'abord complice de la légende car, à quelques années près, on ne connaît pas la date de naissance de d'Artagnan... On la situe, sans aucune précision, entre 1610 et 1620. Il ne reste, en effet, dans les archives paroissiales de Meymes qu'un dossier vide pour les actes de 1602 à 1680... On ne peut donc préciser l'âge de notre jeune Gascon lorsque, quelque «pécune>, en poche, il quitte Castelmore pour Paris. Charles Samaran donne à cet événement une date peu précise: aux environs de 1640. Mais il est tout à fait affirmatif sur la haute fantaisie du récit de Dumas qui donne à d'Artagnan un rôle essentiel dans l'affaire du bastion Saint-Gervais au siège de La Rochelle en 1628...
Voici donc notre héros à Paris. Il entre comme cadet dans le régiment des gardes françaises, véritable école militaire des cadets de Gascogne. En 1644, le régiment des gardes s'en fut à l'armée de Flandre sous le commandement du duc d'Orléans. Il n'est pas inadmissible, dit Samaran, que d'Artagnan soit entré le premier comme le dit Courtils dans le fort Saint-Philippe pris aux Espagnols; ",Il faut bien, ajoute-t-il, que notre héros ait mis à son actif quelques brillants faits d'armes, et on peut supposer que Courtils ne les a pas tous inventés...," L'année suivante, c'est en qualité de mousquetaire qu'il prit part à la campagne de Flandre; au siège de Bourbourg, en repoussant une sortie, il aurait reçu trois coups de feu dans ses habits et un dans son chapeau tandis que plusieurs camarades tombaient mortellement blessés à ses côtés. Mais la baraka n'a-t-elle pas toujours fait partie de la panoplie des héros?
Ainsi en cette année 1646, notre Gascon se trouve pourvu d'une solide expérience militaire et d'un assez riche palmarès de faits d'armes. C'est alors que sa carrière va obliquer. Voici comment. L'étoile de Mazarin monte vers son zénith; l'éminence a besoin d'hommes de confiance pour toutes sortes de missions en France et au-delà des frontières. Il demande au chef de la compagnie des mousquetaires, où sert d'Artagnan, deux Gascons n'ayant que la cape et l'épée ""afin qu'ils eussent obligation de leur fortune",. C'est ainsi qu'entrent au service du cardinal, d'Artagnan et un de ses compagnons, Besmeatix, qui revinrent à Paris se mettre au service de leur nouveau maître, s'attendant à faire une carrière brillante dans le sillage du tout-puissant ministre. Mais il leur fallut prendre patience... ici, plus de brillants exploits guerriers, mais bien plutôt d'obscures tâches d'hommes de confiance portant à de hauts personnages aux quatre coins du pays les instructions secrètes de l'éminence grise. Encore convient-il de préciser que ce n'est pas une simple fonction de facteur aux armées qui est confiée à nos deux Gascons. ils ne portent pas des plis à leur destinataire. Lorsqu'en 1648 Mazarin voulut avertir le gouverneur de Péronne des menaces pesant sur diverses places de sa région, il adressa un mémoire à M. d'Artagnan contenant les instructions à transmettre au gouverneur. On y lit notamment: "Le Sieur d'Artagnan dira au gouverneur que l'on a eu avis de Bruxelles que les ennemis assemblent trois mille hommes dans le Hainaut pour tenter quelques surprises sur nos places frontières... C'est pourquoi il dira au Sieur d'Hocquincourt qu'il se tienne sur ses gardes et le priera de donner part de cet avis aux autres gouverneurs afin de n'être pas pris au dépourvu... »
Mousquetaire du roi
Mais l'étoile de Mazarin décline... Notre capitaine des gardes va donc reprendre du service aux frontières où il récoltera quelque gloire et quelques blessures avant d'être promu à la compagnie des mousquetaires du roi, en 1658. Cette compagnie est le corps d'élite où n'entre que la fine fleur de l'armée. C'est une troupe de cent cinquante hommes ayant pour capitaine le roi, pour lieutenant le neveu de Mazarin, M. de Mancini, et un sous-lieutenant qui n'est autre que d'Artagnan. On le voit, la carrière du cadet de Gascogne a été lente à se dessiner, mais le poste où le voici parvenu n'est pas de second ordre. D'ailleurs, le bon peuple de Paris porte aux mousquetaires du roi estime et affection, il ne manque pas d'aller voir parader ou manoeuvrer, à Vincennes ou à Neuilly, ces hommes d'élite, vêtus magnifiquement de casaques d'azur aux croix d'argent. ,On choisissait les jours où le roi commandait lui-même. Chacun détaillait leur costume, se montrait les deux tambours et le fifre qui les accompagnaient et les mèches de leurs mousquets attachés à la têtière entre les oreilles des chevaux. Bientôt, on put observer que tous étaient montés sur des chevaux gris et le populaire eut vite fait de leur donner le surnom de mousquetaires gris. "
Son mariage
Ainsi à l'âge de quarante ans environ, d'Artagnan se trouve dans une situation en vue. Il est en rapports constants avec le roi, se lie d'amitié avec des hommes comme Lionne, Le Tellier et Fouquet, fréquente les meilleures maisons du Marais où les jolies femmes accueillent sans déplaisir le fringant mousquetaire. Madame de Sévigné parle de lui dans ses lettres comme une vieille connaissance. C'est l'âge aussi où il lui faut songer à s'établir. Il rencontre bientôt une riche veuve, qu'il prendra pour femme, mais, nous dit Charles de Samaran, il remplira ses devoirs de mari et de père de famille avec moins de zèle, il faut bien le dire, que le service du roi...
Jusque-là, la vie amoureuse de d'Artagnan avait été assez copieusement fournie, et les démêlés avec les maris trompés, parfois retentissants si l'on en croit la chronique de Courtils. Mais rien, ici non plus, n'est historiquement établi. Cependant, avec la sagesse populaire, nous pouvons croire qu'on ne prête qu'aux riches et nous pouvons redire ici ce que Samaran disait de ses exploits militaires rapportés par son biographe: il faut bien que d'Artagnan ait mis à son actif quelques-unes des aventures qui lui sont attribuées et on peut supposer que Courtils n'a pas tout inventé...
Toujours est-il que l'état de mariage n'est pas pour d'Artagnan la fin des affaires de coeur. Son union avec Dame Charlotte de Chancely ne dure pas plus de six ans... Notre Gascon n'était pas, de toute évidence, homme d'intérieur et il préférait au foyer familial la vie fiévreuse de la cour et des camps.
Geôlier
Cependant une nouvelle fois la vie de d'Artagnan va s'infléchir vers une fonction nouvelle et quelque peu inattendue. L'heure de la disgrâce va sonner pour le fastueux Fouquet et on met au point, dans l'entourage du roi, les modalités de l'arrestation et du transfert en lieu sûr du surintendant des Finances. Et ce sera notre Gascon qui se verra confier l'ingrate tâche d'arrêter et de garder en haute sûreté ce haut personnage avec lequel, depuis longtemps, il entretenait des rapports amicaux et confiants. Mais le service du roi commande, et, dans cette affaire, il saura se comporter en parfait gentilhomme et en fidèle mandataire du pouvoir. Cependant, au sortir du cabinet du roi où il vient de recevoir ses instructions, «il succombe à l'émotion au point qu'il fut obligé de demander du vin pour ne pas défaillir... ». Cela se passait à Nantes le 4 septembre 1661. Commence alors une longue période où notre mousquetaire transformé en geôlier accompagne son prisonnier dans ses lieux d'incarcération successifs: trois mois au château d'Angers, puis au donjon de Vincennes, enfin le 20 juin de l'année suivante à la Bastille. Pendant ces longs mois, geôlier vigilant, il s'occupe personnellement de son prisonnier, filtrant ses visiteurs et rendant compte scrupuleusement en haut lieu de tous les détails de la vie du prisonnier avec lequel, malgré les rigueurs de la détention, il conserve des relations presque amicales. Lorsque, après de longs mois, la Cour de justice eut condamné Fouquet à la confiscation de tous ses biens et à l'exil à Pinerol, dans les Alpes, d'Artagnan put se croire libéré de sa fonction pesante de gardechiourne. Il reprend donc son service, se retrouve aux frontières et participe à nouveau à la campagne de Flandre. On imagine que notre bouillant Gascon dut retrouver avec joie la rude vie des camps et l'odeur de la bataille. Mais les derniers services rendus l'on fait avancer dans la voie des honneurs et on lui donne maintenant le titre de comte! Mieux, même, on parle pour lui du bâton de maréchal. Mais une nouvelle fois, on va le charger d'accompagner un prisonnier de marque au fort de Pignerol. Il s'agit de Lauzun; toutefois, par bonheur pour notre Gascon, la corvée ne sera pas de longue durée et il trouvera vite ses fonctions de lieutenant aux mousquetaires.
Le siège de Maëstricht
Nous
sommes à Visé, à peine à 15 kilomètres de Maestricht.
Ce jour-là, le Roi-Soleil est de bonne humeur.
Quand un bourgeois de Visé, pressé de vider quelques gobelets,
lui lance depuis le pont un impertinent : Sire, si nous
buvâmes ?
Louis XIV se contente de répondre avec bonhomie : Oui.
Si nous buvâmes à la santé des Visétois.
Nous sommes en 1672.
L'armée française en route pour la Hollande bivouaque dans le
quartier de Devant-le-Pont à Visé.
Toute la ville est venue voir de plus près l'impressionnant
spectacle de ces milliers d'hommes vaquant à leurs occupations.
C'est le début de la guerre de Hollande.
Elle durera six ans.
Pour cette première campagne, le roi est accompagné du
capitaine lieutenant de la 1re compagnie des mousquetaires :
D'Artagnan, né dans le Gers entre 1611 et 1615.
C'est la capitale des Provinces-Unies que vise cette fois l'armée
française.
Les soldats inondent des terres, à défaut de prendre des villes.
Les Français se conduisent mal et se servent chez l'habitant.
Cette année-là et la suivante, d'Artagnan devra morigéner ses
troupes pour les ramener à plus de civilité.
En
1673, retour à Visé, seconde campagne.
La ville, neutre dans cette guerre contre la Hollande, est
surtout acquise à la cause des riches Chiroux.
Fortifiée
en 1330, elle commence à se développer depuis environ un demi-siècle
quand les Français viennent y établir leur base.
Elle est aussi l'une des seules enclaves de la principauté de Liège
en rive droite de la Meuse.
A deux pas de la citadelle la plus forte des cités protestantes : Maestricht.
A la fin de ce mois de mai 1673, les Français réquisitionnent des Visétois pour aider les troupes à déverrouiller la cité hollandaise.
Vauban, alors jeune architecte militaire, vient de mettre au point une nouvelle tactique : les tranchées en parallèle. Il faut des bras pour les construire et les installer autour de Maestricht.
Les
habitants de la cité de l'oie feront l'affaire.
Les Hollandais canardent.
Peu après le solstice d'été, les Français décident de mettre
le paquet : l'idée est d'attaquer la ville par toutes ses
pointes, tous ses angles, pour désorienter la garnison, faire
diversion pendant que les soldats se concentrent discrètement
sur la porte de Tongres.
C'est par là que Maestricht sera prise.
Le samedi 24 juin, en soirée, D'Artagnan se repose avec ses mousquetaires après ce coup de force. A plus de 60 ans, c'est un retraité, ou presque, qui continue à faire la guerre. Il fait doux. Ce sont les jours les plus longs de l'année. Il savoure. Il a raison. C'est son dernier soir.
Le 25 juin, le lieutenant général qui commande fait demander
quelques mousquetaires pour enlever une position clé que
l'ennemi défend avec acharnement.
D'Artagnan n'est pas "de jour", ayant donné l'assaut
la nuit précédente à la tête de sa compagnie qui a subi de
grosses pertes; néanmoins il vient en personne, ses hommes se
battent en braves à leur habitude, et, une fois encore,
l'ouvrage est emporté.
Le lendemain à l'aube, les Hollandais contre-attaquent.
Pour cette deuxième année
de guerre contre la Hollande, les Français ont fait alliance
avec les Anglais.
Parmi eux, le jeune lieutenant Monmouth.
Aux premiers coups des Hollandais en provenance des remparts, son
sang ne fait qu'un tour. Il fonce, à découvert.
D'Artagnan voit filer le novice.
Le sexagénaire se serait bien reposé encore un peu.
C'est son sens de l'honneur qui le fait sortir de sa tranchée,
immédiatement suivi par ses hommes.
Un tir de mousquet l'atteint à la tête. Il s'effondre au pied
des remparts. Il mourra ce dimanche-là, le 25 juin 1673.
Quand les mousquetaires revinrent de leur assaut, leurs épées
faussées et sanglantes jusqu'à la garde, ayant laissé 80 morts
et de nombreux blessés dans l'affaire, on s'aperçut que le
capitaine manquait à l'appel...
Le premier maréchal des logis et quelques autres passèrent par-dessus
le retranchement et entrèrent dans la partie de l'ouvrage que
battait le feu de l'ennemi.
Ils retrouvèrent d'Artagnan bien en avant, tué raide, la gorge
traversée par une balle de mousquet. Ils ramenèrent son corps
sous une grêle de balles.
Il était une heure après-midi.
Le
traité de Nimègue met fin à cette guerre cinq ans plus tard.
Maestricht, tombée après un siège de 13 jours, sera finalement
restituée aux Hollandais contre les villes du nord de la France.
Ce dimanche de juin, le roi pleure.
Douze ans plus tôt, D'Artagnan fut l'homme qui mit Nicolas
Fouquet, alors surintendant des Finances, aux arrêts.
Reconnaissant, Louis XIV fit de son soldat le capitaine
lieutenant des la 1re compagnie des mousquetaires.
d'Artagnan aimait les honneurs.
Il
devint même gouverneur de Lille.
Mais il mourut les bottes aux pieds.
A Maestricht aujourd'hui, une statue rappelle ce héro
Nous laisserons pour conclure, la parole à l'historien scrupuleux que fut Charles Samaran: «Au moment où il va se séparer de son héros, le biographe ne peut se défendre d'un sentiment de tristesse. Pour nous, cette mélancolie s'aggrave comme d'un remords. L'histoire véridique de d'Artagnan ne paraît-elle pas bien pâle au regard de ses exploits romanesques ? N'aurons-nous pas gâté à beaucoup de lecteurs de Dumas les joies sans mélange qu'ils goûtaient à suivre les aventures de guerre et d'amour du fringant mousquetaire? Peut-être la figure de d'Artagnan mérite-t-elle de revivre à la fois dans le cadre truculent du roman et dans celui, plus sévère et plus froid, de l'Histoire... »
Le roman... L'Histoire... Qui peut prétendre que l'un ou l'autre a maltraité notre héros? Gardons, pour finir, une image que nous lègue l'histoire: au printemps de l'année 1660, le roi se dirige vers Saint-Jean-de-Luz où son mariage doit être célébré. Le cortège royal chemine sur les routes de Gascogne. (il s'arrêtera à Nogaro.) À sa tête, la compagnie de mousquetaires commandés par d'Artagnan ouvre la voie. Le 26 avril, on passe à moins d'une lieue de Castelmore. Pensez-vous que le brillant commandant de la compagnie des mousquetaires du roi qui chevauche en tête du cortège a estimé à cet instant que l'histoire était ingrate envers l'impécunieux cadet parti inconnu de ses coteaux gersois quelques années plus tôt?
Extrait de:
"Gloires de Gascogne" de Robert CASTAGNON , éditions
Loubatières), si cet ouvrage vous intéresse, contactez-nous
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et de Dans l'ombre du Roi-Soleil Ils sont passés par
chez nous et l'histoire a retenu leurs faits et gestes.
D'Artagnan à Visé, pendant le siège de Maestricht de
PASCALE SERRET été 2001 lundi 16 juillet 2001 © Rossel et Cie
SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2001
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dernière mise à jour:06/05/05